Histoire du village de Koussiri

Au début du XV siècle, le village de SOA demanda l’aide du chef  des NOUNOUMAS contre le village de KOMBARA

 

Le litige qui opposait les deux villages avait pour origine l'éxécution d'une femme enceinte originaire de Soa, mariée à Kombara. Suite à une querelle sur le sexe de l'enfant qu'elle portait, les gens de Kombara lui ouvrir le ventre sur le fétiche du village afin de pouvoir clôre la discussions ! Evidemment la jeune femme ne survécut pas, ce qui irrita fort son village natal, Soa.

Grâce aux guerriers KARAMBIRI des Nounoumas, la bataille entre les deux villages fut gagnée par Soa, et le village de Kombara fut massacré.

Les Nounoumas sont originaire du nord de Boromo, et à l'époque ils étaient réputés comme guerriers. Ils formaient alors de petites armées, en recrutant des jeunes dans les villages qu'ils traversaient dans tout l'ouest de l'actuel Burkina Faso, de Dédougou à Bobo Dioulasso (ethnies Nounoumas, Marka, Bwaba, Bobos, ...) et monnayaient leurs services contre de la nourritures ou de nouvelles recrues parmis les jeunes hommes des villages (qui devenaient alors des tara (aller) aoré (chercher), des "légionnaires", à l'origine du nom Traoré).

                                 

 

 

Mais suite à la victoire, le village de Soa ne tint pas ses promesses et les guerriers Karambiri ne reçurent pas les récompenses promises.

Les guerriers décidèrent donc de s’installer à proximité  de Soa afin de revendiquer leurs dûs. Ils établirent leur campement en brousse et créèrent le village de SOKORO, qui signifie « en bas du cheval » (les combattants Karambiri étaient des cavaliers / archers).

A Sokoro les guerriers devaient très régulièrement faucher de l’herbe pour nourrir leurs chevaux. Ces derniers appréciant le plus une espèce particulière  d’herbe, appelée « swan » en Marka, et qui poussait à un endroit particulier, à l’est de Sokoro, les Karambiri finirent par s’installer à cet endroit et créèrent le village de SOIN.

La famille Karambiri de Soin augmentant avec le temps, ils commencèrent à s’étendre et  ils s’installèrent sur un espace au sud, de Soin, appelé TOMISSANKORO (« sous le tamarinier »). En référence  aux branches larges fournissant beaucoup d’ombre, la grande famille Karambiri  pris le nom des GOUSSAS (« Goussaar » en Marka signifie large, touffus). « Goussaar tchibé » signifie ainsi: « le territoire de ceux qui vivent sous le tamarinier aux branches larges et à l’ombre douce ». Ce village n’existe plus aujourd’hui, mais  on y voit toujours les ruines des anciennes habitations.

               
                                      

 

Avant la bataille entre Soa et Kombara et l’arrivée des guerriers Karambiri, la région était occupée par les BOBOFINS. Mais ceux-ci s’enfuirent et abandonnèrent leurs villages (KOUSSIRI, NOUNA KORO, TONBOBA) car les guerriers leur dérobèrent leurs réserves d’ignames.

Deux frères Karambiri de Tomissankoro découvrir un jour le village abandonné de KOUSSIRI au milieu de la brousse (à l’époque la région était entièrement couverte d’une brousse épaisse et remplie d’animaux sauvages ou les déplacements étaient dangereux). C’est ainsi donc que la famille Karambiri accompagnée de deux « étrangers » (l’un originaire du village de Sanon et l’autre de celui de Bakobé – en Marka « derrière le fleuve ») vint s’y installer.

Le nom Koussiri vient du trou ou les Bobofins conservaient leurs ignames. « Kou » signifie « igname » et « Siri » signifie « lieu de conservation ».

                                    

 

Les frères Karambiri décidèrent de se partager la chefferie du village, en alternant entre les deux familles après chaque décès (au début l’élection se faisait même en présence des Karambiri de Soin, mais ceux-ci laissèrent la liberté de choisir aux gens du village de Koussiri, à condition que le chef soit toujours issue de la famille traditionnelle des guerriers Karambiri).

Le plus âgé des deux étrangers obtint pour lui et sa famille le rôle de « chef de terre » afin de pouvoir arbitrer en cas de conflit entre les familles des deux frères Karambiri  - Goussa.

Par la suite la famille  des descendants des guerriers Nounoumas grossissant elle se divisa en deux quartiers : Kona tchibé (le quartier au bord du puits) et Badina tchibé (quartier des Badinis). La chefferie étant alternée entre ces deux quartiers.