Cimetière militaire français de Koury (début du XX siècle)

Koury, est le premier campement et le premier cimetière de l’ère coloniale française.

Pour se rendre à Koury en quittant Koussiri (Nouna), il faut prendre la route qui mène à Gassan en passant par Soin et Koro. Après cinquante kilomètres de piste vers l’Est, vous êtes à Koury. A première vue d’œil, rien ne distingue ce village Marka de huit cents personnes, des autres bourgades situées le long de l’axe (selon les anciens, Koury était au début occupé par des Bwaba qui ont accueilli et cohabité avec les Marka, ethnie majoritaire actuellement dans le village).

C’est sous le règne de Karamogo Koté que les militaires français sont arrivés à Koury, venant de Sono ou ils avaient passé 3 ans. Précédemment la troupe française était arrivée de Bandiagara (Mali), à l’époque le Soudan français. Arrivés à Koury, les colons ont installé un camp militaire au bord du fleuve, la Volta (Mouhoun). Ils y ont passé huit ans avant de partir pour Dédougou.

Selon le vieux Soumana Djibo de Koury, dit « Pissi » «c’est sous le règne de Mama Koté que les colons ont quitté Koury pour Dédougou. Leur départ n’était pas dû à une quelconque palabre ou guerre. Les colons étaient tout simplement décimés par les moustiques et les mouches tsé-tsé». Les colons, qui étaient la plus part, des militaires, ont perdu dix-huit des leurs. Le Vieux Pissi a précisé que dans le camp, il y’avait des militaires Blancs et des militaires Noirs. D’ailleurs sur les dix-huit décédés, il y’avait trois Blancs dont une femme et quinze Noirs.

Que reste-t-il de ce qui fut le premier camp et le premier cimetière de l’ère coloniale de la Haute Volta, actuellement Burkina Faso? presque plus rien. Au fil du temps, les édifices se sont effondrés les uns après les autres, faute d’entretien. Après l’exhumation des restes des militaires français, les tombes des militaires Noirs sont aujourd’hui méconnaissables. Le camp comportait trente-deux maisons et le cimetière, bien clôturé, complétait les infrastructures coloniales. Il ne reste que des monticules qui signalent des vestiges des bâtisses. Le cimetière est là, mais est en train de disparaitre au milieu des arbres, des lianes, des perdrix, des singes ...